27ème édition du Festival Tous Courts au cinéma Mazarin le 2 Décembre 2009
Extraits du Festival Indielisboa
Série de 6 courts métrages différemment traités mais ayant comme fils conducteur le thème de « carnet de voyage ». Le voyage vu comme découverte de nouvelles villes/tourisme, le tourisme sexuel, le voyage comme isolement et sentiment de liberté et celui que l’on redoute tous : la mort.

Dans le fascicule il n’y a pas de résumé des courts métrages, ceci n’aidant pas à la compréhension mais je vais tenter de faire un petit résumé de chaque histoire.
1/ « Destination Finale » (Philip Widmann, Allemagne-2008). Début des années 60, le réalisateur nous montre un asiatique faisant du tourisme que je qualifierais de « con » : il monte dans la tour Eiffel un jour, le lendemain il se retrouve à Londres au Buckingham Palace, puis à la Tour de Belem à Lisbonne et pour finir à Athènes. Il ne sourit pas, il est invisible, il tente même de se faire renverser par une voiture. Il est seul, il ne se s’intègre pas et le regard vide, ne s’éloigne jamais des monuments historiques qui semblent le rassurer. Puis on se rend compte en voyant ses bagages de retour étiquetés « Saigon » que sa destination finale à lui c’est surement la mort. Un écriteau nous signale que peu après son retour au Viêtnam la fameuse guerre a explosé, frisson…
2/ « One Day » (Ditte Haarlov Johnsen, Danemark-2007). Pas plus gaie que la précédente histoire. Ici, une Africaine se prostitue au Danemark pour gagner sa vie et surtout envoyer de l’argent à sa Thelma qu’elle veut inscrire dans une bonne université en Angleterre. C’est son seul espoir. Comme dans un documentaire le jeu de la camera est franc et cru, elle se fige souvent sur les escaliers lugubres qui mènent à la chambre de cette femme qui a grossis comme un « ballon » d’après ces dires. Après avoir supporté d’écouter ou même de réaliser les fantasmes tordus de ses clients son seul réconfort est d’appeler sa petite fille mais elle apprend par sa sœur que celle-ci ne réussit pas à l’école et dans sa vie. A quel espoir peut-elle se raccrocher ? Elle danse puis c’est la fin.
3/ « Useless Dog » (Ken Wardrop , Irlande-2004). Petite parenthèse humoristique, ouf ! Un irlandais nous raconte à quel point son chien est pire qu’inutile, il passe son temps a dormir, a essayer de faire l’amour à du béton ou…à une vache, tout cela avec beaucoup d’ironie !
4/ « Ah Liberty » (Ben Rivers, Royaume Uni, 2008). Ou sommes-nous ? Que font ces enfants apparemment seuls dans la nature au milieu d’une décharge ? Pourquoi mettent-ils le feu ? Ils essaient juste de nous montrer que c’est justement au milieu de nulle part, loin de toute dépendance matérielle et déguisés qu’ils sont libres et heureux : ils jouent et ne se soucient de rien d’autre. Mais ce ciel tout couvert me donne le pressentiment que tout n’est pas si rose, l’extrait est d’ailleurs en noir et blanc.
5/ « Joy » (Desperate Optimists, Royaume Uni- 2008). Mon préféré, car Gus Van Sant aurait pu avoir eu la même idée et il filme avec cette même pesanteur. C’est l’histoire de Joy, une adolescente portée disparue dans un parc à Londres. A travers la reconstitution de ce qui a pu se passer, nous suivons cette jeune femme qui ère dans le parc et porté par la voix off on réalise que Joy n’était pas si heureuse que son prénom nous assure. Elle se cherche, elle ère et elle se perd, elle se lie à la nature dont les feuilles sont aussi jaunes que sa veste. Elle meurt surement pour ne pas dépasser les 18ans qu’elle devait avoir le lendemain… Le voyage qui nous fait devenir adultes, elle le refuse.
6/ « Visionary Irak » (G. Abrantes et B. Crotty, Portugal-2009). Le plus bizarre. On voit un homme et celle que l’on prend deux secondes pour une fille (peinte en marron afin de ressembler à une étrangère adoptée…), ils veulent faire l’amour mais n’y parviennent pas. Puis en allant dans la cuisine et réalisant que la femme sous leurs yeux est leur mère, ils sont donc frères et sœurs…. Et même pas puisqu’à y regarder plus près ces deux jeunes qui parlent de faire la guerre en Irak sont en réalité la même personne, et la mère est aussi la même personne que les deux jeunes!! Ainsi que tous les autres personnages que l’on rencontre dans le film : le père, le guitariste, le drogué…A la fin les deux « frères et sœurs » s’aiment et sont en Irak lorsque « la sœur » tente de sauver l’ennemi qui a tenté de les tuer, le sang lui coulant de la bouche… T’as compris ? Parce que pas moi et c’est la fin de l’article, je suis fatiguée et tenter une explication me mènerait vers des chemins périlleux.
Voilà, sympathique et intéressante soirée !